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De plus en plus, des personnes issues de mouvances identitaires se tournent vers le catholicisme. Qu’est‑ce qui motive ces conversions ? Comment s’articulent leurs convictions avec le message universel de la foi chrétienne ? La Croix L’Hebdo enquête sur ces parcours, entre quête spirituelle, tensions identitaires et interrogations au sein des communautés croyantes.
Edito d’Elodie Maurot, cheffe de service de La Croix L’Hebdo
« Désarmer les mots »
À La Croix L’Hebdo, il arrive que nous fassions la publication d’un avertissement, quand un article expose un contenu explicitement violent. Nous l’avons fait, il y a quinze jours, en exergue du dossier sur les enfants des féminicides. Mais que faire figurer pour accompagner l’enquête de Marguerite de Lasa sur les identitaires catholiques que nous publions cette semaine ? Comment prévenir de la blessure que produisent les mots utilisés par ces militants d’extrême droite récemment convertis au catholicisme, mots qui alimentent le rejet radical des étrangers, particulièrement des musulmans ? Cette lecture est éprouvante, car s’y distinguent les mécanismes et les discours qui toujours précèdent les passages à l’acte et les catastrophes.
« Désarmons les mots et nous contribuerons à désarmer la Terre », interpelle le pape Léon XIV dans sa récente encyclique Magnifica humanitas, qui insiste : « Personne n’est sans responsabilité. » C’est au quotidien, dans chaque rencontre, dans chaque paroisse, que se joue une réponse à la défiguration de la foi chrétienne que porte le nouveau nationalisme chrétien. Cela implique d’être clair sur ce qu’est cette foi, sur son rapport à l’altérité, au pluralisme religieux et à la non-violence. Cela suppose un refus du relativisme. Et demande du courage, comme lorsque le Pape Pie XI, il y a cent ans, condamnait l’Action française, le mouvement royaliste et nationaliste de Charles Maurras, sans se laisser impressionner par sa prégnance dans le catholicisme français de l’époque.
Mais le courage, c’est aussi ne pas détourner le regard. S’inquiéter du désarroi et des peurs qui transparaissent dans les propos de ces néophytes. Rappeler – et se rappeler – que l’Évangile n’a pas besoin d’être défendu mais vécu. « C’est justice de distinguer toujours entre l’erreur et ceux qui la commettent », écrivait le pape Jean XXIII dans Pacem in terris (1963). C’est un acte de foi de croire que les hommes peuvent être, selon les mots du poète Xavier Grall (1930-1981), « meilleurs que leurs idées ».
Conversation : Claude Le Roy, « Le football est à la fois le sport le plus difficile à pratiquer et le plus simple à comprendre »
Cas de conscience : Bénévole depuis longtemps, dois-je laisser ma place ?
Ce qui nous lie : Ma passion foot (épisode 2/5), « L’enjeu féministe s’ajoute à l’admiration sportive »
Long format : Ces identitaires qui deviennent catholiques
Ouverture Culture : Patrimoine. Tutoyer le ciel avec Gaudi
Récit graphique : Toujours sur scène (épisode 7/10), de Jean-Sébastien Bérubé